La protophilosophie, ou l'art de parler pour ne rien dire.
Et comme ça, du jour au lendemain, tu entreprends un nouveau projet.
Au départ, tu tâtonnes, tu hésites. Tu te lances quand même mais sans vraiment savoir où tu vas. Finalement, dans ton esprit, tu essayes juste de passer le temps, où de le vider lui-même,
justement, ce satané esprit.
Tu tâtonnes, tu plonges, tu t'arrêtes, tu observes.
Tu observes un peu, puis tu passes à autre chose. Puis tu y reviens, plutôt hésitant, jamais confiant. Mais sans jamais te prendre la tête!
Pas d'objectif, pas d'idées claires, juste une envie. Peut-être un soupçon d'ambition de commencer un grand moment de ta vie. De prendre un petit cours d'eau ruisselante qui mène vers un vaste
océan.
Mais tu n'oses pas te l'avouer, tu chéris ce secret...
Tes propres doutes te ralentissent dans ton entreprise. Tu ne t'en déclares pas vaincu pour autant, tu ne sais juste pas trop vers où continuer. Tu te dis que si tu échoues, ce sera un inachevé
de plus...parmi d'autres...parmi tant d'autres... Et qu'aujourd'hui, rien ne serait plus rageant que de se décevoir, encore.
Tu observes à nouveau. Tu te dis que c'est peut-être pas si mal en fait; même si encore bien maigre comparé à ce que cela pourrait devenir.
Tu le continues un peu ce projet. Puis tu t'arrêtes, puis tu observes, encore.
Tu es content. Un peu surpris aussi. Pas vraiment déterminé mais satisfait.
Tu es calmé, un temps. Tu plonges dans l'oubli, un bref instant.