-Si je vous demande quelle est votre principale qualité, que me répondriez-vous?
-Entreprendre.
-Et votre principal défaut?
-Ne pas tout réussir.
-Auriez-vous connu, l'échec? C'est à peine pensable quand on vous voit.
-J'ai perdu des batailles, mais j'en ai toujours tiré l'enseignement qui mène à la victoire finale.
-Que conseilleriez-vous à un jeune d'aujourd'hui qui souhaiterait entreprendre?
-Vouloir ce qu'il veut, se lever tôt, ne rien attendre que de lui-même.
-Comment naissent vos personnages de roman?
-De ma volonté de vaincre.
-Les femmes de vos romans sont toujours belles, jeunes, intelligentes, sensuelles...
-Elles ne le doivent qu'à elles-mêmes. Une apparence, cela se conquiert, et cela devient votre vérité.
-Si je vous ai bien compris, tout le monde peut être beau, intelligent et riche?
-C'est une question de volonté.
-La beauté, une question de volonté?
-La beauté est d'abord intérieure. La volonté l'extériorise.
-Vous parlez toujours de volonté. Mépriseriez-vous les faibles?
-Il n'y a pas de faibles, il n'y a que des gens qui ne veulent pas vraiment ce qu'ils veulent.
-Vous-même, avez-vous toujours désiré la richesse?
-Dès l'âge de quatre ans, dès que je me suis su pauvre.
-Une revanche sur la vie?
-Une conquête.
-L'argent fait-il vraiment le bonheur?
-Il en est la condition première.
-Vos héros s'enrichissent très jeunes, et l'âge est un thème qui revient fréquemment sous votre plume. Que pensez-vous de l'âge?
-L'âge est une vacherie mademoiselle.
-Vous dites?
-Je dis qu'à tout âge l'âge est une vacherie maximum: l'enfance, âge des amygdales et de la totale dépendance; l'adolescence, âge de l'onanisme et des interrogations vaines; la maturité, âge du
cancer et de la connerie triomphante; la vieillesse, âge de l'artérité et des regrets inopérants.
-Comment vous situez-vous, par rapport à la problématique de l'argent?
-Si je me mirais dans la gamelle de ceux qui n'ont rien à croûter, je me situerais du côté du fusil.